Lutte finale et diarrhée générale

On me dit la crise, je dis consommons. Et la croissance repartira, dirait monsieur Mélenchon. Non à l’austérité, oui à l’indigestion. Quand on souffre de coliques, le meilleur remède c’est encore de se gaver.
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Soutenons la croissance.

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Militante de l’abondance, ma boîte aux lettres est pleine de dépliants anti-austérité.
Tu les veux, mes côtes de porc premières à 4,64 euros/kg ? Du porc français. Tu vas le consommer mon cochon oui ou non ? Et mes chrysanthèmes pomponettes. Y sont pas beau,  mes chrysanthèmes ? Tu vas bien m’en acheter un bouquet, pour le grand-père au cimetière ?
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Et ma collection de vêtement printemps-été ? Tu vas la manger, oui ? Fais-toi plaisir, 30% de réduction (sauf sur les points rouges). Et ma cuisine ? Tu ne pourrais pas m’acheter une cuisine ? Pour le bien du pays, on t’a dit. Ouvre grand la bouche, va, avale. Je te la fais à crédit, ma cuisine.
Tu prendras bien aussi un petit investissement immobilier ? Oui, elle est de race française cette pierre-là.  On lui a fait une prise de sang pour vérifier son ADN.
Tu n’envisages pas d’acheter une villa en Thaïlande, tout de même ? Offre-toi une chambre de bonne à Montrouge, soutiens le bâtiment français.
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Consommons Montrouge et croissons. Dépenser de l’argent c’est tellement bon marché. C’est comme en gagner !
Ton banquier te prêtera, tu verras.
Comment ? Tes ressources sont  irrégulières ?
Pardon, tu fricotes avec Pôle emploi ?
Et alors ? Est-ce que les chômeurs n’ont pas le droit de soutenir l’économie eux aussi ?
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Chômeur,  consomme du porc immobilier de Montrouge ! Chômeur, mange du chrysanthème pomponette !
Achetons, consommons, croissons ! On y croit et on  grandit !
NON ! ON NE VOMIT PAS  !

C’est la lutte finale, groupons-nous, et demain,  la diarrhée générale  sera le genre humain !

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Une réponse à Lutte finale et diarrhée générale

  1. Le moteur de la croissance est à bout de souffle. Autre chose s’esquisse, mais il faudra encore beaucoup de temps pour le construire. Et tout peut s’effondrer. Les laissés pour compte ne sont pas au bout de leur peine. Dans le meilleur des scénarios possibles, ils sont encore des légions à n’avoir d’autre avenir que l’injustice, la souffrance et la mort.

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