Quand Benjamin Berton Remonte Le Temps Dans La Chambre De Cyr@no

Benjamin Berton n’est pas qu’un écrivain, dont la chambre à coucher remonte le temps. C’est un fou. J’ai subodoré  son aliénation dès notre première rencontre, lors d’un débat dont nous étions les invités au dernier Salon du Livre du Mans :  il n’a l’air de rien, le Berton, avec ses airs d’instituteur vosgien,  mais je vous garantis qu’il est redoutable… glouglouglou.

L’Arme du Crime Dans Les Mains De L’Assassin (avant le meurtre jouissif)

Il faut voir son oeil bleu s’allumer, quand, de sa voix d’étrangleur saxon,   il vous annonce, au Salon du Livre du Mans,  qu’il a chroniqué votre Cyr@no pour le magazine Fluctua.net… que le papier sortira bientôt… que ce n’est plus qu’une question de jours. Ô comme Benjamin Berton me fit peur ! Allait-il, telle une démocratie qui ne jure que par les droits de l’homme (excepté pour Ben Laden ou Kadhafi),  me retirer le souffle pour le progrès de la paix dans le monde ? Allait-il me cribler de balles made in OnSaitPasTropOùEnFait, alors que j’étais finaliste (bon… très outsider, c’ est vrai) du prix du roman France Télévisions ?
Voici  l’objet du (délicieux) délit…

Nez Creux
Relecture aventureuse et inversée du Cyrano d’Edmond Rostand, Cyr@no prend Christian à son propre piège érotique : celui de la séduction instantanée et sans lendemain, à travers une cyber romance surréaliste. Bessora signe un roman au-delà du réel qui nous permet d’explorer les profondeurs de la rentrée littéraire, mais aussi de partager de jolis moments d’émotion au contact de personnages attachants et brisés.
La rentrée littéraire n’exposant à longueur de développements critiques et de magazines qu’une vingtaine de romans plus ou moins essentiels, il faut prendre ses bouteilles à oxygène, son masque et ses palmes pour dégravir les divisions littéraires à la recherche des 600 romans dont personne ne parlera jamais. On ne sait pas où juste situer ce Cyr@no mais une chose est certaine : c’est un roman des profondeurs, un de ces romans qui jouent dans les deux prochaines semaines leur survie sur les étals des libraires et qui se battent comme des chiffonniers pour qu’on les remarque. A l’inverse de ses congénères poissons des grands fonds, le roman a pourtant des couleurs et quelques atouts pour lui : des couleurs d’abord, technologiques et sensuelles, de l’allure, un peu, une sorte de cyber-comédie en relecture schizophrène du vieux morceau d’Edmond de Rostand, du nez évidemment, puisqu’il en faut pour dénicher au pied du chêne truffier des histoires, un tel sujet improbable.Improbable donc, cette aventure amateur d’une femme encore jeune mais plus tout à fait qui court les castings en comédienne à demi ratée et qui dialogue avec son double-prénom, Cyrano donc (mais sans l’arobase, attendez de voir pourquoi), dans la verdeur du verbe et qui… (vous sentez l’ivresse des profondeurs littéraires ?)… rencontre un homme à femmes fracassé, divorcé, Christian (Christian Belhomme de Franqueville, bon sang) qui la lime x4 en une nuit d’amour torride. Christian, Belhomme de blabla, et Roxane, la fille, s’envoient en l’air : c’est du premier choix. Bessora, et c’est l’une de ses grandes qualités, a l’écriture sensuelle, qui s’enroule comme des jambes autour d’un homme-tronc, vous serre entre ses cuisses et vous offre des images qui éclaboussent votre imaginaire. Roxane a la chatte élastique façon Niagara et c’est beau comme du Lawrence d’Arabie sans son drap et les grains de sable. Et puis Christian passe à autre chose, le salaud, par mail. Ce gars là fait les sites de rencontre. Il lui fait le tour en moto (il a TOUS les défauts) et basta, mail qui fracasse, et Roxane qui trépasse, mais c’était sans compter (blll… attention palier de décompression) sans son double double : Cyrano, sa part masculine, vert galant, insulte facile, qui sonne, clairon dehors, la revanche. Acte II.


L’expérience interdite

Cyrano et Roxane fusionnent dans une sorte de trouble des personnalités multiples (voir à ce sujet l’avenir magnifique de John Carpenter, The Ward, au fait) en un alterego cyber-cyber : et c’est Cyr@ano, la femme mystère, qui part avec la vulve en nez au clair à la reconquête du goujat. Ils y vont pour l’@mour et pas pour la vengeance : bizarre, vous avez dit ? Bessora se sort de ce mauvais pas avec de la manière (le dialogue intérieur de Christian est impeccable et donne une épaisseur au personnage qu’on ne lui aurait pas prêtée tout seul). L’homme est à la dérive mais tout de même : pourquoi Roxane, si elle n’est folle, ne respecte-t-elle pas le droit universel au « coup d’un soir » ? On n’aura pas la réponse. Pour nous, c’est une dingue à la Liaison Fatale, plus qu’une amoureuse. Nous voilà (bllll…. Palier de décompression) engagé dans un marivaud@ge de la plus belle espèce. Drague cyber sur forum et emails qui émoustillent le chaland. On en dit trop ? Vous le lirez, n’est-ce pas… ? Rencontre anonyme. Chambre noire. Profil contre profil. A poil et le sexe qui défile, d’abord la chatte, les seins et même le trou du cul. C’est la fête du poil, ç@ vient. Cyr@no est à la manœuvre et le livre s’aventure dans un au-delà du réel que seules les plongées en eaux profondes permettent de côtoyer.

Ce n’est pas avec Foenkinos (qui mérite finalement son Goncourt, si c’est ça), Fottorino et qui vous voulez, que vous verrez ça. Il y a ici toute l’audace du monde, une opération commando littéraire pour réconcilier dans un gymkhana psychanalytique (à la limite du psychiatrique) les alters et les egos. Mais où est-ce que l’auteur va nous emmener ? Comment est-ce que tout ça va finir ? La tête nous tourne. Les tempes explosent : @fflux de sang dans la pompe. Nous voilà, Christian, les souvenirs fracassés : on ne se souvient plus comment cela se termine mais bon s@ng, c’est bien sûr : on s’est évanoui juste avant de voir la fin. Bessora m’a tuer. (blllll… caisson hyperbare – respecter les paliers de décompression). Bessora forever. Roxane. Christian. Cyr@no. Tout y est : le jeu sur les sexes mous, la force, le flasque, la passion et ce nez qui s’escalade comme un escalier en déraison. (blllll…. Je sens les caillots dans le cerveau droit). Mais qui a caché la tirade des nez ?

Cyr@no est l’antidote parfait au livre sans sexe de Sophie Fontanel (30.000 exemplaires déjà, ô rage, ô désespoir) : un roman comédie qui se déroule plein pot et vous éclabousse de sa liberté insolente. C’est une histoire de fou (en cela, tout aussi perverse et cinglée que l’original), à la modernité bringueb@lante, mais qui, l’un dans l’autre (héhé), fonctionne à merveille. Il y a du bon à descendre si bas dans la rentrée littéraire. On en ressort complètement bourrés, avec des idées plein le string et l’esprit survolté. Il faut le lire pour le croire. Rom@-Rom@ntisme mon amour. Bessor@ forever, gravé dans le gras blanc d’une cuisse en forme de luth.

Benjamin Berton

Pour marque-pages : Permaliens.

16 réponses à Quand Benjamin Berton Remonte Le Temps Dans La Chambre De Cyr@no

  1. Inspecteur Derrick dit :

    J’ai toujours soupcçonné Bessora d’être un travelo. Maintenant, j’en ai la preuve : son vrai nom est Berton, et il est blond aux yeux bleus (oh joie des potiches et du cirage).

  2. Inspecteur Derrick dit :

    J’ai toujours soupcçonné Bessora d’être un travelo. Maintenant, j’en ai la preuve : son vrai nom est Berton, et il est blond aux yeux bleus (oh joie des potiches et du cirage).

  3. Sophie Fontanel dit :

    Tu t’es vu quand t’as bu ?

  4. Sophie Fontanel dit :

    Tu t’es vu quand t’as bu ?

  5. HdB dit :

    Une bien ténébreuse affaire…

  6. HdB dit :

    Une bien ténébreuse affaire…

  7. Soeur Sourire dit :

    Oh les charmants enfants, comme ils sont mignons tous les deux, c’est pour quand le mariage ? Je connais un prêtre qui pourra vous faire un prix pour la cérémonie, à condition de le payer au black. Loué soit les liens indéfectibles du mariage, loué soit l’amour, loué soit le Seigneur, vos deux noms ayant la même initiale, vous étiez fait pour vous rencontrer, comme la poitrine du vampire est faite pour le pieu de Buffy et celle de Buffy pour le médaillon en forme de croix catholique. Allélulia !

  8. Soeur Sourire dit :

    Oh les charmants enfants, comme ils sont mignons tous les deux, c’est pour quand le mariage ? Je connais un prêtre qui pourra vous faire un prix pour la cérémonie, à condition de le payer au black. Loué soit les liens indéfectibles du mariage, loué soit l’amour, loué soit le Seigneur, vos deux noms ayant la même initiale, vous étiez fait pour vous rencontrer, comme la poitrine du vampire est faite pour le pieu de Buffy et celle de Buffy pour le médaillon en forme de croix catholique. Allélulia !

  9. Coucou dit :

    Et oui mon Berton, tu sais pas où t’es béton !
    Tu as fait la connerie de ta vie…

  10. Coucou dit :

    Et oui mon Berton, tu sais pas où t’es béton !
    Tu as fait la connerie de ta vie…

  11. Socrate dit :

    Magnifique…
    c’est beau l’amour, le vrai

  12. Socrate dit :

    Magnifique…
    c’est beau l’amour, le vrai

  13. Shame on me! Tjs pas lu Cyr@no… Mais la critique de Benji donne envie 😉

  14. Shame on me! Tjs pas lu Cyr@no… Mais la critique de Benji donne envie 😉

  15. Ping :Bessora Blogue - Longue Vie Au Tintinesque Eugène Ebodé

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