La rumba des prostates, et la fuite des cerveaux.

La prostate fatiguée,  l’aigle de Kawele se pose sur le marbre de sa  terrasse. Son regard humide balaie l’horizon africain qui le nargue.   Gros plan sur les yeux de l’oiseau malade. On y  lit de l’incompréhension,  de la détresse. On a pitié. Mobutu est  mourant. Chassé de Kinshasa, il ne comprend pas.
Kinshasa est-elle devenue folle ? Où est-ce moi qui n’ai rien compris. Je leur avais donné le Zaïre…
Plus au nord, Ben Ali n’est pas encore dictateur. Trois ans d’ancienneté seulement, mais déjà le goût du pouvoir. Il a vingt ans pour danser la rumba zaïroise.

Car  un jour,  l’Histoire bascule dans la quatrième dimension, et les prostates dansent la rumba. Il  vaut  mieux, alors,  prendre la fuite, ami cerveau de la dictature.  On ne lutte pas contre les soulèvements paranormaux.

Mobutu attendra  quand même avant de s’échapper. Années 90. L’époque lui semble encore favorable : Bongo  se maintient au Gabon.  En Tunisie, Ben Ali n’est pas  encore président à vie. A Neuilly, Sarkozy  rêve  déjà magistrature suprême.  En attendant, il marie Alassane Ouattara. Alassane roule pour Boigny,  mais c’est un type bien : il sort du FMI, sa femme est française.  Ben Ali, lui,  a  deux épouses. Cependant, c’est un ami des démocraties. On ne pourfend pas la polygamie de ses amis. C’est un peu comme la pédophilie de Polanski. Tout s’accepte  en démocratie, du moment que ça vient  des amis.

Par Faber

Alors, un beau jour, Mobutu fuit la sauvagerie de l’Afrique pour l’amitié de l’Europe. Il promène sa prostate en Suisse,   la balade en France, et finit par  la déposer à Rabat. Le roi  meurt  au Maroc. On l’ y enterre,  au  cimetière européen. Sans doute est-il belge. Ou français ? Suisse même. Peut-être les trois.

Mais Ben Ali est-il   binational ? On comprendrait mieux l’offre militaire de Mme  Alliot-Marie.
Quoi ? T’en veux pas d’ma police ? Chez nous, elle sait éteindre le moindre incendie. Et chez vous on peut tirer à balles réelles… Ici, non, pas tout à fait. Il suffirait de préparer l’opinion. De cultiver l’analphabétisme.
Mais Ben Ali  a  envoyé les Tunisiens à l’école. Quelle bourde ! Eduquez-les, et ils se dressent contre vous !
Encore que. Il y a des exceptions.  Prenez la France. ici, on a beau sortir de l’école de la République, on ne bronche pas pour autant quand il y a  trafic électoral.
Certes, madame l’Europe, mes compatriotes vous ont  dit non en 2005. Mais moi, Sarkozy, je signe le traité de Lisbonne à leur place.  D’ailleurs, j’avais dit oui  à la guerre en Irak.  Seulement je n’étais pas encore grand calife.  Oui, bien sûr, monsieur les Etats-Unis,   je vous suis en Afghanistan.  Ah mais non, madame la Justice de mon pays !  Brice n’est pas un raciste ! Votre jugement, mettez -le  là où j’pense.

Par Faber…, toujours…

Sans doute, Sarkozy n’égale pas Ben Ali.  Comme le Gabonais Ali Ben,   Sarko ne fuit pas la pouvoir.  Il s’accroche à la démocrature.

La démocrature exerce sa séduction sur les foules en les bâillonnant. Mais le moins possible.  D’abord, le peuple n’est pas si courageux qu’on croit : donnez-lui à bouffer et il ferme sa gueule. Mais s’il l’ouvre,  il faut laisser dire :  d’abord, ça l’occupe pendant qu’il s’écoute parler. Et comme la plupart des gens  parlent tous en même temps,  personne n’entend véritablement ce qui se raconte. Et puis les gens finissent toujours par changer de sujet de conversation.
On parlait  de tout ça lors d’un dîner semi-privé donné en 2002 à l’Elysée.  Chirac prenait conseil, électoral, auprès de  Papa Bongo.
Il faut que tu te présentes maintenant aux élections,  Jacques. La pluie va tomber (les affaires), tu vas être mouillé (les journaux), mais tu auras le temps de sécher.
En effet, il sécha. Il est toujours sec, d’ailleurs. Et Jospin s’est grillé.

Par Placide

Comme quoi, Ben Ali n’a vraiment pas eu de chance.  Sa fuite est de ces exceptions qui confirment la règle démocraturale, de ces accidents qui font basculer, peut-être, l’Histoire majuscule.
Qu’ouïs-je ? Vous voudriez importer la révolution à Paris ?
Tout doux, mes mignons. Dans les vielles nations,  vous savez, l’Histoire souffre de rhumatismes.

Pour marque-pages : Permaliens.

8 réponses à La rumba des prostates, et la fuite des cerveaux.

  1. Le vrai et seul Bruno dit :

    Très chère Mam Bessora,
    Vous avez raison de rappelez que M. feu président de la république Tunisienne Ben Ali, avait porté l’instruction jusqu’à des niveaux jamais atteints dans
    les contrées Nord-africaines. Voyez comme la démocrature a du bon ! Cela me rappelle une charmante demoiselle qui sévissait dans mon collège. Elle prêtait son corps à celui qui voulait bien le prendre.
    Bien des jeunes écervelés se sont retrouvés dans ses filets. Elle riait de leur esprit, ainsi que de leur petit attirail.Elle les roulait souvent dans la farine en leur racontant qu’ils étaient uniques. Son prénom aurait du les interpeller : Démocrite.
    JNVSP

  2. Le vrai et seul Bruno dit :

    Très chère Mam Bessora,
    Vous avez raison de rappelez que M. feu président de la république Tunisienne Ben Ali, avait porté l’instruction jusqu’à des niveaux jamais atteints dans
    les contrées Nord-africaines. Voyez comme la démocrature a du bon ! Cela me rappelle une charmante demoiselle qui sévissait dans mon collège. Elle prêtait son corps à celui qui voulait bien le prendre.
    Bien des jeunes écervelés se sont retrouvés dans ses filets. Elle riait de leur esprit, ainsi que de leur petit attirail.Elle les roulait souvent dans la farine en leur racontant qu’ils étaient uniques. Son prénom aurait du les interpeller : Démocrite.
    JNVSP

  3. Bessora dit :

    Souhaitons aussi un bon anniversaire à Patrice Lumumba.
    50 ans aujourd’hui !

  4. Bessora dit :

    Souhaitons aussi un bon anniversaire à Patrice Lumumba.
    50 ans aujourd’hui !

  5. Mulder dit :

    Les Africains sont d’origines extra-terrestres, quand vous aurez compris ça, vous aurez tout compris.
    Quant à Sarko, mattez ses oreilles, c’est un batard de Monsieur Spok, à l’époque où celui-ci sodomisait les caniches nains.
    Si vous avez des doutes, consultez l’encyclpoedia galactica, avec galak, le chocolat BLANC d’origine bien terrestre, lui !

  6. Mulder dit :

    Les Africains sont d’origines extra-terrestres, quand vous aurez compris ça, vous aurez tout compris.
    Quant à Sarko, mattez ses oreilles, c’est un batard de Monsieur Spok, à l’époque où celui-ci sodomisait les caniches nains.
    Si vous avez des doutes, consultez l’encyclpoedia galactica, avec galak, le chocolat BLANC d’origine bien terrestre, lui !

  7. Le vrai et seul bruno dit :

    La démocrature oui, la culture et l’enseignement non !
    Voilà donc ce cher et tendre pays qu’est la Tunisie dans une impasse. Il y a deux moyens de tenir son peuple. Le premier, interdire toutes représentations de l’opposition, fermer les accès à la connaissance, affamer sans pour autant laisser mourir et enfin donner le sentiment qu’un chef est indispensable à la construction d’un état. Le second consiste à faire croire que le peuple est souverain. Pour cela, donner lui les moyens de se cultiver, d’avoir des idées politiques, de s’impliquer dans la vie de la cité et permette une profusion d’accès à l’information. Lorsqu’il prend une décision, faire toujours en sorte que ce soit celle que vous lui avez suggérée. Dans le cas contraire, changer les règles du jeu au nom de la représentativité. Dans les deux cas, il y a un hic ! Le cerveau humain. Trop complexe pour pouvoir être manipulé sur le long terme.
    JNVSP

  8. Le vrai et seul bruno dit :

    La démocrature oui, la culture et l’enseignement non !
    Voilà donc ce cher et tendre pays qu’est la Tunisie dans une impasse. Il y a deux moyens de tenir son peuple. Le premier, interdire toutes représentations de l’opposition, fermer les accès à la connaissance, affamer sans pour autant laisser mourir et enfin donner le sentiment qu’un chef est indispensable à la construction d’un état. Le second consiste à faire croire que le peuple est souverain. Pour cela, donner lui les moyens de se cultiver, d’avoir des idées politiques, de s’impliquer dans la vie de la cité et permette une profusion d’accès à l’information. Lorsqu’il prend une décision, faire toujours en sorte que ce soit celle que vous lui avez suggérée. Dans le cas contraire, changer les règles du jeu au nom de la représentativité. Dans les deux cas, il y a un hic ! Le cerveau humain. Trop complexe pour pouvoir être manipulé sur le long terme.
    JNVSP

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *