Il y a 25 ans, Mongo Beti partait dans la nuit. Mais à 25 ans, il avait déjà écrit deux chefs d’oeuvre.
Quant à moi je le retrouvais au collège Raponda Walker, où il donnait son nom à la 3ème Mongo Beti.
Ou était-ce la 5ème ?
En tout cas, moi, j’étais en 4ème Camara Laye.
Camara Laye, vous voyez ?


25 ans plus tard, il n’était plus, mais je publiais mon 5ème livre.
Qui reçut le Grand prix Afrique (ex Grand prix littéraire d’Afrique noire, voire négro-africaine, voire francofaune ou de personne racisée…
…help…
Mais surtout, 7 ans plus tôt, je rencontrais Mongo Beti en chair, en os et en humour à Fest’Africa 2000 !


Où ma fille n°1 lui consacrait une spéciale interview dans son Ecriv Mag’ n°1
Nous avons dîné.
En Biyidi, Boto, Beti, j’ai reconnu quelqu’un qui ressemblait un peu à mon père.
Et je crois qu’il a reconnu en moi quelqu’un qui ressemblait un peu à ses enfants.
Nous nous sommes amusés de n’être pas lus, moi par mon père, lui par ses enfants.
Mais au moins nous nous lisions l’un l’autre.
Et nous nous sommes un peu écrit

Jusqu’au jour où Mongo Beti est parti dans la nuit

Si 20 ans plus tôt, on m’avait dit :
– Mongo Beti mourra et tu seras triste.
J’aurais éclaté de rire :
– Mongo Beti ? Mais c’est le nom d’une classe à Raponda !