L’énigme de la plaque minéralogique

En route vers l’Europe centrale, et après qu’un Turinois eut nuitamment arraché une partie de mon rétroviseur extérieur gauche (pourquoi le rétroviseur, parce que je roulais en Punto ?), je m’étonne du nombre de voitures, immatriculées en Europe, dont le nom de pays commence par A.


Qu’est-ce donc que ce A ?
F comme France, I comme Italia, D comme Deutschland, E comme España, S comme Slovénia, OST comme Osterreich (j’y étais en 1983), mais enfin ce A, c’est quoi ?
M’approchant de la Croatie, voisine des Slovènes, c’est un autre sigle qui s’affiche sur les véhicules, un contrariant HR.  Mon compagnon, géographe émérite et champion des itinéraires mappy,  imagine qu’il s’agit de la Hongrie. La Hongrie,  pays du romanichel Sarkozy serait donc  si proche des Slovènes, Croates, et autres Monténégrins ?

Une frontière se dresse bientôt devant nous, qui sépare les Slovènes des Croates, et protège l’Europe unie des Slaves méridionaux. La Croatie, mademoiselle, ne fait pas partie de l’Espace européen. Ils ont enduré la guerre, la sécession, 1 % virgule quelque chose de Musulmans, ils n’allaient pas endurer l’espace européen, on n’allait pas les endurer non plus.
La douane Slovène se franchit parmi un bataillon de touristes est-allemands, italiens, et aussi les fameux A…, auxquels s’ajoutent les spécieux HR…

Et ça ne plaisante pas avec la date de validité des passeports : entre la Slovénie et la Croatie, c’est vrai, vous changez de continent. La  Slovénie pourtant, ça ressemble à la Suisse orientale, foi de demi-helvète. Ses prairies, ses vallons, ses alpages, on dirait le canton de Berne. Pourtant, la Suisse non plus, ne fait pas partie de l’union européenne. Ils endurent le secret bancaire, la protection du pape, la menace des minarets, ils n’allaient pas endurer l’espace Européen, on n’allait pas les endurer non plus.
L’espace européen et la civilisation désormais dans notre dos,  nous roulons, toujours en Punto,  sur la côte croate. Direction Senj, ville étape au glorieux passé gréco-romain. Elle se juche sur l’Adriatique, mer italienne infestée de touristes au mois d’août malgré ses 23°. Brrrr…

Nous passons une nuit malarienne, mais sans moustiquaire,  chez un habitant peu hâbleur de Senj.

Le lendemain, après un café  turc, très turc, ce goût de gravier…, nous roulons vers Zadar, cité dalmatienne. Il s’agit donc de la cité d’origine des 101 dalmatiens (Walt Disney, 1961), sise au nord, justement, de la Dalmatie.

La Croatie nous engloutit, les plaques HR se multiplient. Ce qu’il y a donc comme Hongrois sarkozystes sur les routes croates ! pensé-je. Pourtant non, m’apprend bientôt  le guide du Routard : ces Hongrois sont d’authentiques Croates, masqués dans leur langue maternelle : car Croate, en croate, se dit Hrvatska. Ainsi se trouve résolue  l’énigme de la plaque minéralogique. Mais qu’en est-ils des A, qui raréfient leur pas à mesure que nous descendons vers le sud ?

Mais voici Zadar la magnifique. Elle aurait pu défier Zagreb, si elle n’avait pas été tant bombardée. Cependant, nul Dalmatien ne se présente, malgré les promesses de Disney.

Il n’y a là que du Croate, de l’Allemand, de l’Italien, du Slovène et des chats.

Mais le chat de Zadar, c’est quelque chose. Quoique de type européen, ce chat dalmatien, dédaigné par l’Union, erre dans les rues, malmené comme les pigeons le sont à Paris, estropié par des batailles nocturnes, famélique, et souvent borgne.

On dirait un romanichel qui se nourrit des déchets du tourisme. Non le chat de Zadar n’a décidément plus rien du chat européen. Et encore moins du chien dalmatien.

Nous en retournant vers la civilisation dans une Punto essoufflée, (une vraie daube, n’achetez plus italien), nous traversons par l’helvète Slovénie, puis macérons dans des bouchons Autrichiens.

Que de A, sur les routes du Tyrol…

Ces A seraient-ils donc autrichiens ? Mais où est passé l’OST d’Osterreich ? L’aurais-je rêvé en 1983 ?

Quelques voitures italiennes  rebroussent elles aussi chemin.

Certaines peut-être remontent vers Venise.
Nous y  sommes passés, nous aussi, à Venise, en famille. C’était sur la route de l’aller. Préférez Eurodisney à Venise : c’est beaucoup moins cher,  et c’est bien mieux simulé.

Thanks God, c’est la fin des vacances !

3 Responses to L’énigme de la plaque minéralogique

  1. bruno 3 septembre 2010 at 10 h 44 min #

    Préférer Eurodisney à Venise, c’est un peu comme préférer Joni alidé à Elvis Presley….

  2. bessora 3 septembre 2010 at 12 h 49 min #

    Je vote pour Naples ! ( Et Chantal Goya…)

  3. bruno 4 septembre 2010 at 13 h 55 min #

    Heureusement le « Zahdar » fait bien les choses…

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